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Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan


La Lune

Le vieux saltimbanque

 

Le vieux saltimbanque-mini

Jim Harrison -Extrait-

Tout est écrit à la troisième personne, ça peut surprendre, mais on s'y fait vite...

Page116 et 117

[....]
Dans le passé, quand il avait un coup de mou littéraire, il se souvenait que durant plus de trente ans tout le monde avait oublié Melville. L'écriture comme la nature, était pleine d'injustices. La grêle tuait les bébés rossignols dans leur nid. Les guerres qui faisaieent manistement partie de la nature, tuaient des millions de gens. Ce qui le bouleversait en lisant Anne Franck, ce n'était pas ce que tout le monde savait, à savoir qu'elle était morte comme des millions de juifs, mais qu'elle était de toute évidence vouée à devenir un grand écrivain. La mort d'oiseaux chanteurs percutant des vitres le rendait dingue. On avait devant soi une vie merveilleuse, puis on percutait une vitre et tout était fini. La mort de sa sœur, à dix-neuf ans, et celle de son père dans un accident de la route lui étaient toujours inacceptables un demi-siècle plus tard. Ce drame avait créé comme une boule de rage en permanence au fond de lui. Ce fut en définitive ce qui le poussa à devenir écrivain.Puisque une telle horreur peut arriver à ceux qu'on aime, alors il faut profiter de son séjour terrestre pour suivre les penchants de son cœur. «Tout passe, tout lasse, tout casse», comme dit le proverbe. L'ambition énèrve quand l'humilité apaise. L'ambition de l'artiste créant son œuvre était autre chose. Tout ce qu'il se permettait d'espérer, c'était que ses livres restent disponibles en librairie. Il tenait mordicus à ce qu'en promenant Mary et Marjorie le matin, il promène simplement une chienne et un porcelet par une splendide matinée sans se soucier des piques lancées contre lui par tel critique new-yorkais malveillant. Un jour où, dans les toilettes d'un cinéma, il lavait ses mains enduites de gras de pop-corn, il avisa près de lui un jeune élégant qui rectifiait les ondulations de sa coiffure sophistiquée avec de très étonnants coups de poignet. Ce minet avait dans les cheveux des dizaines de vagues et de frisettes, et tout du long il se sourit dans le miroir. Il se rappela avoir pensé sur le moment que la vie de ce type était fichue. Il avait peur être une copine qui aimait bien ou qui adorait sa coiffure alambiquée, mais pas autant que lui même ne l'adulait. Après le film il l'apercut accompagné d'une fille assez laide, ce qui le convainquit que le type ne voulait surtout pas souffrir de la moindre comparaison..[....]

 

Un autre petit bout (après une idée fugace de suicide) :

Page 90

[...]Ces pensées obscures ne le quittérent jamais tout à fait, mais il découvrit un léger hiatus en constatant que ses réflexions poétiques sur la mort étaient souvent troublées par l'évidence cruelle de la faim. [...]😊😂

 

 

Posté par bartok79 à 17:01 - Textes choisis - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

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25 mai 2019