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Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan



Le 23 décembre

Éphéméride  Le 23 décembre

 

Levé 5h30 -
Nuit noire, d'un noir d'encre, pas une étoile, la lune est absente, ciel nuageux, temps doux et très humide même s'il ne pleut pas. Le coq vient de chanter, il croit encore que c'est lui qui fait lever le jour, faute de soleil.. Ce prétentieux emblème de notre Nation.
En voici la description goguenarde q'en fait le merle dans Chanteclerc d'Edmond Rostand

Vous prenez un melon, de Honfleur, pour le torse.
Pour les deux jambes, deux asperges, d'Argenteuil.
Pour la tête, un piment, de Bayonne. Pour l'œil,
Une groseille, de Bar-le-Duc. Pour la queue,
Un poireau, de Rouen, tordant sa gerbe bleue.
Pour l'oreille, ô Soissons ! un petit haricot.
Ça y est. C'est un coq !

Une heure plus tard :

Je suis dans ma SdB, après une bonne douche, un savonnage énergique, un séchage avec une serviette éponge qui gratte, je suis devant le miroir au-dessus du lavabo, ce juge impartial et sans pitié.
 "Mirror, my beautiful mirror, which is the most beautiful?" - Non là je déconne !
Je vois un individu aux cheveux gris clairsemés, longs sur les bords et rien au milieu.
"Miroir mon beau miroir lequel est le plus beau ?" Voilà que ça me reprend !  

Lavage des dents, ce qu'il en reste, coupage des orteils, je veux dire des ongles des orteils. Gymnastique assurée, avec mes deux hanches en titane, c'est extraordinaire, je ne critique pas mais on est quand même moins souple..
Mais je suis conscient que c'est extraordinaire, sans ça, je serais avec des béquilles ou dans un fauteuil, alors que là je vais et je vis presque normalement. MERCI !
Ce qui n'empêche que pour se couper les ongles des pieds, c'est pas une mince affaire, surtout le gros orteil et le petit aussi, pour des raisons différentes, le gros parce qu'il est épais et cassant avec une tendance à s'incarner, le petit parce que j'ai toujours peur

rasage savon a barbe

de me couper tellement il est recroquevillé sur lui même et fait corps avec l'orteil.. Bon ça va ?
Entretien de la barbe, je la porte pratiquement depuis que je suis adulte et c'est comme ça qu'aujourd'hui, je suis à la mode. Ah! Ah!
Rasage des contours et "parfumage" discret à l'eau de toilette.
 
Je me pose des questions sur les habitudes de toilette de mes contemporains qui sentent tous, le gel douche, l'eau de toilette, souvent des odeurs sans personnalité, tous sentent à peu près pareils.

Que sentaient nos ancêtres proches ?
S'ils revenaient seraient-ils considérés comme sentant mauvais ?

Ils étaient tout aussi propre que nous, je pense, même si en 1950 peu nombreux étaient ceux qui possédaient une salle de bains.
Le tub et devant le feu, lavage du corps, mais je pense que là c'était pas tous les jours, autrement c'était lavage devant l'évier, ou le lavabo ceux qui en possédaient un.
Mais je suppose que les critères "du sentir bon" n'étaient pas les mêmes qu'aujourd'hui, il fallait surtout "sentir propre", la savonnette, le savon de Marseille, l'eau de Cologne.
L'usage de l'eau de Cologne aussi, pas d'eaux de toilette sophistiquées, ma grand mère sentait bon la lavande (Yardley si je me souviens bien), mais elle était une privilégiée,( je parle bien sûr de la période que nous avons vécue sous le même toit).
Elle a toujours vécu, depuis la mort de son mari Fernand en 1931, avec son fils et ma mère, et elle a donc pratiquement toujours eu une salle de bains, c'étaient les logements de fonctions pour cadre, c'est ainsi que moi même j'ai toujours bénéficié de ce luxe.

Il a fallu que je me marie en 1968 et que par l'intermédiaire d'un parent éloigné, je loue une maison de campagne (qui servait surtout pour les vacances) dans le 12ème arrondissement de Marseille, et là pas de salle de bains, la cuisine, l'évier, pas de WC (la cabane au fond du jardin) ou si impossibilité de sortir, des WC chimiques dans un placard.
Ça a duré quatre/cinq ans et je dois dire que ce ne sont pas les années les moins heureuses de ma vie, un grand terrain clos, deux grands platanes devant la maison, l'appartement à l'étage, une chambre, une salle à manger assez grande, une cuisine et l'eau courante chaude et froide à l'évier, au rez de chaussé un garage sur toute la surface de la maison, (qui devait servir de pièce à vivre en été quand les propriétaires venaient "au cabanon".
Et suprême luxe, une fois par semaine, le long du grillage de clôture, un des premiers camions à pizza, sur Marseille et donc en France,venait y cuire ses pizzas. Par dessus le grillage, je passais commande et un petit quart d'heure plus tard le pizzaïolo, me la passait sans que j'ai à sortir de chez moi..
Puis un heureux événement ayant eu lieu, nous sommes en 1972, nous avons dû déménager.  
Oh ! Pas bien loin, dans le même village une maison seule aussi, avec un locataire au rez de chaussé et pour nous tout l'étage et le "confort moderne", SdB, trois chambres, salle à manger, cuisine, chauffage central (au charbon) un grand balcon sur toute la façade arrière et la jouissance du grand jardin.
Le locataire du dessous, un vieux monsieur que l'on voyait pratiquement jamais, le pied quoi.

Jusqu'où me mènent mes divagations devant mon miroir de salle de bains, "Miroir mon beau miroir lequel est le plus beau ?"
Bon il serait peut être temps que je m'habille et que je continue à vivre au présent..

Adessias

 

Posté par bartok79 à 11:35 - Textes choisis - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

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22 décembre 2017