forget-me-not

arrow_left_green_48

Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan


La Lune

Demander la Lune


Le 11 décembre

Éphéméride  Le 11 décembre

"On voyait les chevaux d'la mer-Qui fonçaient, la tête la première-Et qui fracassaient leur crinière." Ostende Ferré-Caussimon.
Léo les voyait, je les ai entendu toute la nuit. Et ça réveille en moi de vieilles craintes et un souvenir traumatisant.

tempete

C'était en 1999, je venais d'être opéré de la hanche. Ça ne s'était pas très bien passé et bien qu'étant rentré à la maison, j'étais toujours dans un état un peu comateux, on dit dans le coaltar c'est ça ?
Des amis proches avait placé un lit dans ma pièce à vivre, la mieux chauffée, et la femme de mon ami passait régulièrement, sa fille était ma voisine à l'époque aussi, donc je n'étais pas seul, plutôt bien entouré.
Le 27 ou 28 décembre, je ne me souviens plus exactement, la grande tempête avait sévi, je me trouvais seul dans la nuit, plus ou moins cloué au lit.
En réalité je pouvais un peu marcher avec des béquilles.
Cette tempête a fondu sur nous, les volets de la pièce, côté jardin étaient mal fermés, en realité on ne pouvait pas les fermer convenablement à l'époque.
Toute la nuit, j'ai entendu les vents furieux s'acharner sur mes pauvres "contre-vents" jusqu'à les arracher carrément, les gonds étaient scellés dans la pierre, il ont été arrrrachés. Pendant ce temps là j'étais impuissant dans mon lit, un peu brumeux comme je l'ai dit plus haut.
A un moment je me suis levé et j'ai voulu aller voir dehors, côté cour, (musique, une nuit sur le mont chauve de Moussorgski,  ou la symphonie fantastique de Berlioz, ou pour les plus jeunes, la nuit des morts vivants).
 j'ai fait 10 mètres et j'ai vu les "éverites" qui couvraient le toit du voisin s'envoler et se fracasser pratiquement à mes pieds, la couverture en feutre bitumé qui servait d'abri à ma réserve de bois, planer et voler dans les airs comme des oiseaux menaçants.
J'ai fait demi-tour et je me suis recouché, épuisé, je crois que si j'avais eu la foi j'aurais psalmodié des prières.
Voila pourquoi, ma nuit n'a pas été sereine et pourquoi lorsque le jour s'est levé, j'étais heureux de voir qu'il n'y avait pas de dégâts apparents.
Sur un autre registre plus calme :
vu à la télé sur Arte, une émission sur la vigne et le vin de champagne.
Nous y apprenons que ce n'est pas Don Pérignon qui a inventé le champagne, lui s'est surtout intéressé aux assemblages de raisins, des crus. Il était parait-il capable de définir en le goûtant de quelle région de champagne venait le raisin, c'est fort ça, si c'est vrai.
Mais le véritable inventeur du champagne que nous buvons serait Pasteur.  Eh oui ! ce brave Pasteur, himself.
Avant lui de nombreuses bouteilles explosaient en cave, ce qui faisait que ce vin n'était pas trop exploitable commercialement.
C'est donc Pasteur qui en a découvert la raison, la deuxième fermentation en bouteille à cause des levures contenues dans le vin et c'est bien grâce à lui que les maisons de Champagne ont pu travailler pour que cette deuxième fermentation ne fasse plus exploser les bouteilles.
Mais le plus fort du reportage, n'est pas là, il est à venir.
Des chercheurs qui travaillent sur le sous-sol champenois, le terroir, font vraiment très fort.
Entre deux rangs de vignes ces deux là, creusent une tranchée avec une petite pelle mécanique et l'un d'eux avec un sourire béat s'exclame "Voilà je suis à soixante millions d'années de profondeur, et à cette époque, ici il y avait la mer, il faisait très chaud"..
Au fond de la tranchée ils trouvent de petites radicelles de vignes dans le calcaire et expliquent en humant ces mottes, voilà pourquoi le champagne a tel goût, tel odeur.
Les mêmes chercheurs sortis de leur tranchée, sont dans une cave, ils ont récupéré un morceau de calcaire, il le mette dans un bocal il l'arrose, le remue et il se forme un liquide saturé et boueux, il le transvase dans un verre, je me dis, "c'est pas vrai ils ne vont pas le boire?", je m'attends à tout de la part de ces allumés (avec tout le respect que je leur doit).
Ils ont donc ce verre de liquide boueux dans une main et dans l'autre un verre de champagne, ils sentent, ils hument (non ils ne boivent pas)  tour à tour les deux verres.
Et ils font le parallelle entre le champagne et le liquide, ils sont tout content de retrouver des principes odoriférants semblables, entre les deux verres.
L'eau sale sent le champagne, il s'en dégage, une odeur iodé, du fait de la présence de la mer il y soixante millions d'années.
Il faut voir leurs faces réjouies.
Et après ça on ne viendra plus me dire que le terroir ne fait pas le vin...avec le cépage.
Mais le cépage sans le terroir ça ne vaut rien.

Posté par bartok79 à 11:32 - Textes choisis - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

Commentaires sur Le 11 décembre

Nouveau commentaire

11 décembre 2017