25 janvier 2012
Le don de RTT
Source :La Marseillaise
« Le problème est réel mais ils se dédouanent »
Que ce soit du point de vue des familles, du droit du travail, du syndicalisme ou du politique : nul ne voit la pertinence de « don de RTT ». Avec en commentaire commun : ce sont toujours les salariés qui doivent payer.
« Que les parents qui travaillent et doivent rester au chevet de leur enfant malade soient confrontés à de grandes difficultés est une évidence. Il y a plusieurs solutions, différentes selon les entreprises, mais souvent cela doit se traduire par un arrêt, un congé sans solde qui peut les mettre en grandes difficultés financières. Notamment quand il s’agit de familles monoparentales avec des mères qui, souvent, étaient déjà dans la précarité. Ceci dit, la question se pose pour les enfants mais aussi pour toute personne hospitalisée : un mari, une mère… » Magali Maugery travaille à la Ligue contre le cancer. « Dans la majorité des services hospitaliers dédiés aux enfants, ces derniers passent la journée seuls. Ce n’est que le soir puis la nuit que les parents se relaient pour assurer soutien et présence tout en continuant de travailler le jour. »
Si le manque d’indemnisation en cas de maladie et la chute des revenus qui en découle lui paraissent être une réalité, la jeune femme attire aussi l’attention sur tous les problèmes connexes, sur lesquels la Ligue a, nationalement, déjà tiré la sonnette d’alarme. « Est-il normal que les parents venant assister leurs enfants soient obligés de payer leur repas ? De payer leur lit pour rester auprès de leur petit ? Sans oublier le parking dont les tarifs sont prohibitifs : nous voyons ainsi arriver des familles avec des factures de parking astronomiques. Mais de tout cela, on ne parle pas alors qu’il serait pourtant simple d’agir pour faciliter la vie des parents. »
Si cette question de « revenus » a aussi été portée au niveau national par la Ligue, Magali Maugery tient à rappeler les nombreux autres dossiers mis en exergue qui, tous, ont aussi des incidences sur le portefeuille des familles touchées par la maladie. « Nous nous battons contre les augmentations du forfait hospitalier, contre la suppression de médicaments considérés comme de confort alors qu’ils sont fondamentaux pour certains malades ou encore pour l’accessibilité au prêt suite à une maladie, décline-t-elle avant de préciser : On nous écoute, oui. Mais la situation avance on ne peut plus lentement ». Une réponse, ce projet de loi dont elle n’avait d’ailleurs « jamais entendu parlé » ? « Le problème est réel, des solutions doivent être trouvées mais là, ils se dédouanent, renvoyant la balle sur les salariés qui sont toujours et beaucoup trop sollicités. Surtout en ces temps de crise. »
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