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Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan


La Lune

Festival au village (2)

Hier soir, alléché par les nombreux compte-rendus du spectacle de Gérard Potier «S'il pleut vous ramasserez mon linge »   publiés sur le net, je me suis rendu avec une certaine appréhension pour mes fesses au "gymnase" lieu où l'artiste se produisait.

Il faut dire que la température de ce dimanche était en baisse et  le spectacle ayant lieu à 22 heures, je n'appréhendais pas la grosse chaleur subie lors de la représentation du "cercle de craie caucasien" du vendredi précédent.

Je me pointais donc à 21H35 et surprise le parking était plein et l'absence de queue à la billetterie me fit immédiatement penser que les places seraient chères à l'intérieur, j'entre et une bouffée de chaleur m'agresse immédiatement, une étuve.

Coup de chance, une place libre au premier rang, inconvénient mon voisin est de ma corpulence, il va donc falloir se faire le moins encombrant possible pour éviter les contacts gluants, rentre les épaules et que le spectacle commence.

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Gérard Potier arrive, la voix est forte est bien timbrée, le geste précis, il lance un tonitruant , s' adressant certainement à des enfants "arrêtez ou je vais en prendre un pour taper sur l'autre", la ronde des petites phrases familières, déjà entendues, vient de commencer.

Suit :"Tu viens pas souvent nous voir" dit la mère à son fils devenu écrivain. «l'air de rien une conversation s'engage entre les parents et leur fils, comme une confidence imprévue, évidente, nécessaire, quelque chose de retrouvé.»

Je reprends, la pièce commence comme un repas de famille, la mère parle à son fils, elle parle de toute sa vie auprès de son père, la vie à la ferme avec la belle-mère, sa situation de bru et "vous n'êtes que la cinquième roue de la charrette", les pélerinages à Lourdes, la fois où son fiancé l'a emmenée au cinéma « Ton père, il m'a pas emmené souvent au cinéma. La seule et unique fois, c'était juste avant qu'on se marie… Oh, ça risquait pas de me pervertir : c'était Les Dix Commandements. Au troisième, il dormait déjà. On n'y est plus jamais retourné : il dort, dès qu'il est dans le noir », un petit clin d'œil malicieux «il dort, dès qu'il est dans le noir»

Le fils indiscret qui demande (faisant allusion aux grandes familles vendéennes) : maman comment tu as fait pour ne pas en avoir dix et la mère fait semblant de ne pas entendre et change de conversation, il reposera une autre fois la même question avec le même résultat.

Le père dans tout ça, il est surtout occupé parce qu'une vache est entrain de vêler, le roi de l'incommunicabilité,  toujours à côté de la plaque, il dit : "nous ne sommes pas sur la même planète"

Tout au long de la pièce, ce sont ces phrases que nous avons tous entendues, toutes faites, banales, l'art est dans l'arrangement, la suggestion, l'émotion.

Je n'ai pas beaucoup ri, pris dans le tourbillon du quotidien de cette vie , parfois un rire coincé, réprimé par l'émotion.

La petite vie de cette femme, soumise à la tyrannie du quotidien, prisonnière du cadre rigide des conventions, cette incommunicabilité dans le couple, mais cet amour qui sourd, viscéral et animal.

Si j'étais toujours à me trémousser d'une fesse sur l'autre, essayant désespérément de m'appuyer sur un dossier qui me fuyait, ça n'était pas uniquement du à l'inconfort....

à suivre....

*

Posté par bartok79 à 14:15 - Canton - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

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06 juillet 2009