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Tout à Fait Subjectif*

Je veux des barricades qui servent à quelque chose. Que près des immortelles, elles vivent, les roses...-Henri Tachan


La Lune

LUNE


Pour le PLAISIR

Juliette dit à Roméo qui veut la quitter avant le jour:

Ne t'en vas pas encor, reste, mon Roméo:
C'était le rossignol et non pas l'alouette
Dont le chant a frappé ton oreille inquiète;
Caché dans les rameaux d'un grenadier en fleurs,
A la nuit qui l'écoute il chante ses douleurs:
C'était le rossignol, crois-en ta Juliette!

Roméo
Non! c'est bien le matin et c'est bien l'alouette.

Regarde, mon amour, à l'horizon rougi
Monter de pourpre et d'or ce rayon élargi;
Ce nuage qui s'ouvre et laisse passer l'aube,
C'est l'aurore levant un des plis de sa robe.
Tandis que, repoussée à l'occident obscur,
Phoebé fuit éteignant ses flambeaux dans l'azur,
Vois-tu le gai matin, éclairant nos campagnes,
Poser son pied joyeux sur le front des montagnes?
Vois-tu comme un torrent la lumière accourir?
Il faut partir et vivre, ou rester et mourir.

Juliette
Tu te trompes, ami, non ce n'est pas l'aurore,

C'est quelque éclair furtif, c'est quelque météore
Que le soleil, touché de notre amour si beau,
Place sur ton chemin comme un porte-flambeau.
Reste donc, du départ ce n'est pas encor l'heure;
Demeure, ô Roméo! je t'aime tant, demeure!

Roméo

Veux-tu que l'on me trouve et qu'on me tue ici?
Oh! moi, je suis content si tu le veux aussi.
Avec toi je dirai: ce n'est pas la lumière
Que verse le matin en ouvrant sa paupière:
C'est le pâle reflet de la soeur d'Apollon
Dont le char argenté glisse sur le vallon.
Ce chant qui dans le ciel éclate sur ma tête,
Non ce n'est pas ton chant, matinale alouette!
Oh! moi, je ne fais pas de l'amour un remords,
Juliette le veut, je reste.? Viens, ô mort!
Je t'attends dans ses bras, ô sublime inconnue,
Pâle soeur du sommeil, mort, sois la bienvenue!

Juliette
Oh! non, je me trompais, Roméo! c'est le jour!

Pas un instant à perdre. Oh! fuis! fuis! mon amour.
C'était bien l'alouette aux notes discordantes
Dont le chant menaçait nos amours imprudentes;
C'était bien le soleil, brûlant vainqueur des nuits,
Qui montait sur son char; fuis! mon Roméo! fuis!

*

Posté par bartok79 à 17:56 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tout à fait subjectif
L' IXODE

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29 juin 2009